terça-feira, julho 18, 2023

Aurore

 

Português

(Les prénoms utilisés dans ce texte sont fictifs, pour protéger la vie privée des personnes)

Aurore, notre chère Aurore, a travaillé pendant de nombreuses années chez nous, depuis bien avant ma naissance. Elle nous considérait, mes frères, ma sœur et moi, comme ses petits-enfants blancs – selon ses propres mots. Parfaitement compréhensible, contrairement à ce que disent beaucoup de jeunes aujourd'hui, qui n'ont pas vécu cette expérience, comme par le passé, avec des gens du passé. Comment pouvez-vous porter un bébé qui vous serre le cou, échange de tendresse, dort dans tes bras, grandit dans ce contact que seule la famille a, et puis dire que ce n'est pas de la famille, parce qu'ils sont de classes sociales différentes ? Même chose du point de vue de l'enfant – ma position dans ce cas. Quelqu'un qui nous porte, qui échange de tendresse, nous berce dans ses bras, nous accompagne dans notre croissance, comment ne serait-il pas quelqu'un de la famille ?

Aurore ainsi qu'une de ses filles, Aurelianne, vivaient près de chez nous, puis ont déménagé dans un quartier plus éloigné, mais sont restées à Belo Horizonte (BH), tandis que Matilde, son autre fille, habitait à São Paulo, à cause du travail de son mari. Même après sa retraite et malgré la distance, Aurore nous rendait visite chaque fois qu'elle le pouvait. Nous sommes aussi allés chez elle, ce furent des moments pleins de tendresse. C'était une véritable amitié, avec de l'affection, de l'entraide et de la nostalgie. Quand les petits-enfants d'Aurore étaient en vacances, ils allaient à BH, et ils nous rendaient invariablement visite, emmenés par elle et Matilde. Ils remplissaient l'ambiance de joie, pleins de vie.

Plus tard, encore jeune médecin, au milieu des années 1980, j'ai passé un stage dans un hôpital de la ville de São Paulo, pour améliorer mes connaissances et mon expérience dans un domaine spécifique intéressant l'équipe pour laquelle je travaillais. Pendant cette période, j'étais installée dans le logement pour internes et médecins résidents, adjacent à l'hôpital. C'était beaucoup plus facile, car je n'étais jamais allée à la mégalopole, pas même pour me promener.

Après un certain temps, confinée dans la zone hospitalière, j'ai décidé de prendre le risque de quitter le "sanctuaire" et d'affronter les rues et avenues de la grande ville, un dimanche de congé. J'ai décidé de rendre visite à la famille de Matilde, que je n'avais pas vue depuis longtemps. Ils vivaient dans une ville-satellite du Grand São Paulo.

Après avoir analysé les plans de la région et du métro, ainsi que des livrets touristiques, j'ai conclu qu'il valait mieux appeler chez Matilde (il n'y avait pas de commercialisation de téléphones portables au Brésil, à cette époque), afin d'obtenir des informations plus précises, en annonçant ma visite, en même temps. Très surprise et émue, elle a voulu venir me chercher à l'hôpital, mais avec mon insistance, elle a fini par me donner tous les détails pour me rendre dans le quartier où elle vivait – il fallait que je prenne le métro puis deux bus – elle et son mari m'attendaient à l'endroit où je devais descendre.

J'ai peur de beaucoup de choses, mais pas cette fois-là. J'ai suivi les instructions à la lettre et, malgré le stress, j'y suis arrivée. Quand je les ai vus sur le trottoir, à l'endroit indiqué, je suis descendue du bus, essoufflée, et les accolades n'en finissaient pas. Ses yeux brillaient derrière ses lunettes, avec des flaques de larmes timides et fugaces, révélées par le reniflement de son nez – les miennes aussi.

Sur le chemin vers chez eux, Matilde m'a dit qu'il était plus sûr pour moi de rester entre elle et son mari, bras dessus, bras dessous, pour que les habitants du quartier voyaient que j'étais leur amie. J'étais surprise, je n'imaginais pas la raison de cela, je n'osais même pas demander, mais je me sentais protégée par le couple. J'ai regardé autour de moi et j'ai remarqué que j'étais la seule personne à la peau claire. Il y avait beaucoup de jeunes encapuchonnés dans la rue, qui nous regardaient de travers. Je me sentais comme un personnage d'un film américain, dans l'un de ces quartiers noirs. J'étais habillée simplement, en jeans – probablement pas aussi à la mode que le leur – un t-shirt ordinaire, des running shoes… La raison de l'étrangeté n'était pas très claire, mais j'ai réalisé qu'un ghetto se refermait là-dedans.

Heureusement, rien de grave ne s'est produit. Deux blocs plus tard, nous sommes arrivés chez mes amis sans incident. J'ai passé la journée avec eux, c'était très agréable, je me suis sentie chez moi. Matilde a insisté pour que j'y dorme, mais je devais travailler tôt le lundi, donc je n'ai pas pu rester. Il était temps de retourner à l'hôpital. Quand je suis allée dire au revoir à Matilde, elle m'a dit qu'elle m'accompagnerait, qu'elle ne me laisserait pas partir seule, car il faisait déjà noir. En vain j'essayai de la dissuader de cette idée. Elle me disait : - Ta mère n'aimerait pas que tu partes seule, à cette heure, dans une ville inconnue. Alors nous sommes allées ensemble jusqu'à la porte de l'hôpital... Cette journée a passé vite, mais je ne l'oublierai jamais ! Ma mémoire affective tient cette rencontre en haute estime.

Parfois, quand je vois les nouvelles du Brésil de nos jours, je pense que les relations humaines se détériorent. Mais peut-être pas... En tout cas, je pense qu'il est important d'enregistrer des cas comme celui que j'ai vécu, des temps si différents d'aujourd'hui, mais qui font partie de notre histoire. Des amitiés comme celles-ci sont arrivées à des millions de personnes à travers le pays. Nous ne pouvons pas les mépriser. On ne peut pas juger des mentalités qui étaient plongées dans une phase de transition de la société. Il est certain que nous ne pouvons pas non plus perpétuer cette transition, contribuant au maintien des inégalités sociales. Il faut changer la structure et il semble qu'il y ait un embryon qui se développe dans ce sens.

Nous avancerons pour améliorer les conditions de vie de chacun, en honorant les amitiés sacrées qui nous ennoblissent et en renforçant nos liens, afin que nous puissions toujours évoluer ensemble. Je souhaite ardemment que la crise que traverse le pays ne soit pas vaine, qu'elle aboutisse à la correction des déviations de toutes sortes et des injustices sociales, avec toutes leurs conséquences néfastes.

Qu'il y ait une belle aube, une nouvelle aurore pour le Brésil !


terça-feira, junho 27, 2023

A Comunhão sob duas espécies

 

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Minha ignorância me salvou de ser considerada herege. Ufa! Mas eu deveria ter pesquisado mais antes de me aventurar num assunto que não conheço bem. Removi o texto que tinha publicado aqui, intitulado Pão e Vinho, pois não estava de acordo com os cânones.

A resposta à minha impertinência veio rápida e brava! Procurando mais dados na Internet, achei um texto explicando que o Concílio de Trento determinou como princípio dogmático considerar que o corpo e o sangue de Cristo estão verdadeiramente contidos, na sua integridade, tanto sob a espécie do pão, como sob a do vinho. Foi estabelecido como regra o costume de dar somente o Pão para os fieis. E quem insistir em dizer que isso é errado, pode ser considerado herege

No Concílio Vaticano II, tudo isso foi confirmado, acrescentando-se que pode-se dar a Comunhão em duas espécies em casos determinados pela Santa Sé ou a critério do bispo.

Removi meu texto, rapidamente... para não continuar herege... Cruz credo 😲

Segue o link:

A comunhão sob as duas espécies

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terça-feira, junho 13, 2023

Saint Anthony's box

 

Français

Português

Saint Anthony always ready... generous in miracles! I wrote that, because the memory is unreliable. On October 20, 2019, my husband and I stored another batch of firewood, in the woodshed, for the winter. The bodies were already sore from the day before. We were a little discouraged at first. After all, we were not so young anymore.

To motivate myself, I said that Saint Anthony would help us. In my heart, I have truly asked for this. I hoped Saint Anthony would give us extra strength. I don't know why I thought of Saint Anthony.

Although the saint is well known here in Quebec, I don't think they know he was Portuguese. The name more popular is Saint Anthony of Padua; therefore, many people think he was Italian. During the conversation, with a certain vanity, I cannot deny it, I said that the saint was Portuguese. My husband didn't know. Vanity because we, Brazilians, still have a sense of identity and belonging in relation to Portugal; whether the Portuguese people like it or not, this legacy remains.

When I went to put small pieces of bark, to be used as kindling wood, in a cardboard box that my husband had separated for this purpose, I saw that the box came from Portugal. To top it off, it was written Cathedral in Portuguese. We hadn't noticed it. It was an improvised box as packaging for the bottles we had bought at the store.

Saint Anthony heard my prayer, he gave me the strength I had asked for... and the box. This episode will bounce back one day, that's for sure. The saint was probably in association with our guardian angels, under the patronage of the Virgin Mary through her Son, Jesus - the "upstairs" connections are so strong that the signal works even in the remotest and humblest corners of the universe, like our home.

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Prière à Saint Antoine

(October 21, 2019)

Saint Antoine de Lisbonne, de Padoue,

Nous vous prions de partout !

Nous cherchons le bois d’allumage

pour raviver notre foi.

Donnez-nous le courage,

aidez-nous à retrouver

notre cœur enflammé.

Saint Antoine de Lisbonne, de Padoue,

si la foi nous abandonne,

Priez pour nous !

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Photo “Cœur enflammé”, October 23, 2019:

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Prière à Saint Antoine

The Magnificat


segunda-feira, junho 05, 2023

Doucement

 


Français suit ci-dessous

English follows below

Estive na França, com o Léo, em 1998. Viajamos dentro do país pelo TGV (Train à Grande Vitesse). É um espetáculo! Pontualidade irrepreensível e, realmente, grande velocidade. Imagino como deve estar mais evoluído ainda, atualmente.

Lembro-me de ver passando um outro TGV ao lado do que nós estávamos, mas em sentido inverso. A velocidade era tamanha, que só deu para ver uma espécie de mancha, passando lá fora, em menos de um segundo.

Se estivéssemos em maior velocidade ainda, não veríamos o outro trem. Nem por isso ele teria deixado de existir. Nós é que não seríamos capazes de vê-lo. E isso ainda dentro de nossas dimensões terráqueas.

Deixo as extrapolações para outras situações a cargo de quem quiser refletir sobre isso. Docemente.

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Para finalizar bem o domingo da Santíssima Trindade: "Glória ao Pai, ao Filho e ao Espírito Santo. Assim como era no princípio, agora e sempre, por todos os séculos dos séculos. Amém."

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Links relacionados:

Cambalhota - Parte I

À imagem e semelhança

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J'ai visité la France, avec Léo, en 1998. Nous avons voyagé à l'intérieur du pays en TGV (Train à Grande Vitesse). C'est un spectacle ! Une ponctualité irréprochable et, vraiment, une grande rapidité. J'imagine à quel point il doit être encore plus évolué de nos jours.

Je me souviens d'avoir vu un autre TGV passer à côté de celui dans lequel nous étions, mais en sens inverse. La vitesse était telle qu'on ne voyait qu'une sorte de tache qui se déplaçait, à l'extérieur, en moins d'une seconde.

Si nous allions encore plus vite, nous ne verrions pas l'autre train. Il n'aurait pourtant pas cessé d'exister. Nous ne pourrions tout simplement pas le voir. Et ça arrive ici même, dans nos dimensions terrestres.

Je laisse les extrapolations à d'autres situations à ceux qui veulent y réfléchir. Doucement.

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Pour bien terminer le dimanche de la Très Sainte Trinité : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il en était au commencement, maintenant et pour toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »

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Liens connexes:

La culbute

À ressemblance

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I visited France, with Léo, in 1998. We traveled around the country by TGV (Train à Grande Vitesse). It's fabulous! Impeccable punctuality and, really, great speed. I imagine how much more advanced it must be nowadays.

I remember seeing another TGV pass on the side the one we were in, but in the opposite direction. The speed was such that all we could see was a sort of stain moving, outside, in less than a second.

If we went even faster, we wouldn't see the other train. It would not have ceased to exist, however. We just couldn't see it. And it happens right here, in our earthly dimensions.

I leave the extrapolations to other situations to those who want to think about it. Calmly.

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To end the Sunday of the Most Holy Trinity on a good note: "Glory be to the Father, and to the Son, and to the Holy Spirit, as it was in the beginning, is now, and ever shall be, world without end. Amen."

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Related links:

Somersault

In likeness


sábado, maio 27, 2023

Mes chères tantes

 

Português segue abaixo

English follows below

Mes chères tantes Cécile et Rachel

Elles ont adopté la nièce brésilienne dès mon arrivée ici. Léo les aimait beaucoup, nous allions souvent, parfois chez une, parfois chez l'autre. Je ne connaissais rien par ici, au début, notre maison était loin de tout, Léo travaillait toute la journée. Je n'avais pas encore mon permis de conduire ici. Elles allaient me chercher et m'emmenaient partout. Elles étaient joyeuses, on riait tout le temps.

J'ai été très gâtée !!!

Il y a 7 ans que Tante Rachel est décédée (c'était au mois de mai) et en septembre il y aura déjà 19 ans que Tante Cécile est décédée. Elles me manquent !

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Minhas queridas tias Cécile e Rachel

Adotaram a sobrinha brasileira logo, logo que cheguei aqui. Léo gostava demais delas, a gente sempre ia, ora na casa de uma, ora na casa da outra. Eu não conhecia nada, no início, nossa casa era afastada de tudo, o Léo trabalhava o dia inteiro. Eu não tinha carteira de motorista aqui ainda. Elas iam me buscar, me levavam pra todo lado. Elas eram alegres, brincalhonas, ríamos o tempo todo.

Fui muito mimada!!!

Ontem, fez 7 anos que tante Rachel morreu e em setembro já vai fazer 19 anos que tante Cécile se foi. Muita saudade!

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My dear aunts Cécile and Rachel

They adopted the Brazilian niece as soon as I arrived here. Léo loved them, we often went to their houses, either Cécile or Rachel. I didn't know anything around here, at the beginning, our house was far from everything, Léo worked all day. I didn't have my driver's license here yet. They picked me up and took me everywhere. They were joyful, we laughed all the time.

I was very spoiled by them!!!

It's been 7 years since aunt Rachel died (it was in May) and already 19 years, in September, since aunt Cécile died. I miss them!


quarta-feira, maio 24, 2023

Está consumado

 

Esta palestra do teólogo americano Scott Hahn, que menciono a seguir, com o link que segue, é preciosa (os judeus compreenderão ainda mais facilmente!). É a explicação para a frase de Jesus: "Está consumado", encaixando as tradições judaicas da Pesach com a Nova Aliança, com o caminho para a Redenção. Perfeito!!! É também a explicação da conversão dele, Scott Hahn, ao catolicismo.

Está legendada para o português (great job, PJ!).

https://www.legendascatolicas.com/l/o-quarto-calice/

A página oficial da palestra está no link que segue:

https://stpaulcenter.com/fourthcupreflection/

Enjoy!


sábado, maio 20, 2023

Être ou rester

 

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Português

English

Ce texte est pour ceux qui aiment les conjectures linguistiques et aussi pour ceux qui s'amusent avec les extrapolations anthropologiques et paléontologiques, arrosées de café et de lait bouillant, accompagnées de pain et de beurre, tard le soir, comme on faisait chez mes parents, quand nous étions jeunes, avec des cousins, des amis... Ah... Ces bons moments-là !

Inspirée par les commentaires d'un forum linguistique que je suis sur Facebook, où les verbes être et être (hahaha... 'ser' et 'estar' en portugais) étaient en discussion, j'ai fait une recherche sur Internet et je pense avoir trouvé un moyen pour mieux expliquer comment remplacer les verbes portugais « ser » et « estar » aux personnes qui parlent des langues qui, apparemment, n'ont pas le verbe correspondant pour « estar », comme le français et l'anglais, et qui utilisent « être » et « to be' dans les situations où nous utilisons 'estar'.

Mon mari était bilingue français/anglais et se débrouillait raisonnablement bien dans d'autres langues ; il avait parfaitement compris la connotation de temporaire (transitoire) de « estar » et d'essence (l'idée de permanent) de « ser », mais lorsqu'il utilisait les verbes, il changeait parfois l'un pour l'autre. Et il n'est pas le seul. Ne pas avoir de verbe qui condense la « pensée » correspondante dans leur propre langue rend cela difficile. On peut comprendre pourquoi les anglophones et les francophones confondent :

Ela é triste: She is sad... Elle est triste.

Ela está triste: She is sad... Elle est triste.

J'ai trouvé une très bonne explication de "l'histoire" de ces verbes sur un site portugais et, considérant que l'évolution de la pensée humaine est similaire dans différentes "cultures", j'en ai déduit que le correspondant pour 'estar' en anglais pourrait être 'stand' (pas 'stay', comme certains le pensent). En allemand "stehen". Voir l'explication (en portugais) dans le lien [1], c'est intéressant ! Le verbe « estar » vient de « estar de pé » (se tenir debout) et cela a un rapport avec un état transitoire.

Pour essayer de confirmer ma déduction, j'ai recherché le verbe 'stand' et, en effet, il a un usage similaire à 'estar'. Mais l'usage le plus courant est avec le verbe 'to be'.

Dans le dictionnaire Collins, il est assez clair [2]:

“… link verb

You can use stand instead of 'be' when you are describing the present state or condition of something or someone.

Examples:
The alliance stands ready to do what is necessary.

The peace plan as it stands violates basic human rights.”

Pour le français, malheureusement, je n'ai pas encore trouvé de correspondant (celui qui convient le mieux est 'rester'; ça ne marche pas parfaitement, mais ça garde une certaine similitude).

Un de mes cousins, un de ceux qui buvaient du café avec du lait bouillant – avec de la crème ! – et grand connaisseur du latin, parmi beaucoup d'autres langues, José Eduardo, m'a envoyé, en plus de plusieurs références confirmant l'origine étymologique du verbe 'estar', une bonne page web pour les francophones se démêler des difficultés du portugais. Consultez le lien [3] d'une réelle utilité (malgré les fautes de français).

Je recommande également le verbe anglais STAND, pour aider les anglophones à mémoriser, car il ressemble visuellement à « ESTAR » ; si la personne essaie de le remplacer dans une phrase anglaise correspondante et que cela ne marche pas du tout, c'est parce que la bonne chose à dire est 'SER' (être). 'Stand' est parfois un peu forcé dans le sens de 'ESTAR', mais cela n'a pas l'air absurde, dénué de sens.

Passons maintenant aux extrapolations...

L'origine de 'ESTAR' remonte donc à l'expression 'se tenir debout', ce qui explique le caractère transitoire du verbe, contrairement au verbe 'SER'. Toutes les positions sont transitoires, mais le fait que la position debout ait évolué pour symboliser la connotation du transitoire m'a intrigué.

Personne ne sait exactement, jusqu'à aujourd'hui, qui est apparu en premier : la bipédie ou l'intelligence supérieure, par rapport aux autres animaux, avec le développement du langage plus sophistiqué, avec la capacité de véhiculer des symboles, des idées et des notions abstraites. L'idée prévaut que la bipédie est apparue la première et a permis le développement de l'intelligence (utilisation des mains, etc...).

Quoi qu'il en soit, lorsque le langage a commencé à se développer, la bipédie devait être encore en transition. Ça ne devait pas être facile de rester debout longtemps. Seulement transitoirement en effet. Jusqu'à aujourd'hui nous ne sommes pas complètement adaptés à la bipédie, la position debout n'est pas notre position préférée. Si on reste debout pendant de longues périodes, on peut avoir des problèmes et, si on ajoute des conditions météorologiques moins favorables, la position bipède prolongée peut devenir plus inconfortable, voire nocive.

Ainsi, cette idée du transitoire dans le verbe 'ESTAR' était profondément imprégnée, liée à la position debout. C'est remarquable, n'est-ce pas ! Il semble que notre langue raconte notre propre histoire évolutive ! C'est fascinant !

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Related links:

[1] https://ciberduvidas.iscte-iul.pt/consultorio/perguntas/os-verbos-ser-e-estar/24204

[2] https://www.collinsdictionary.com/dictionary/english/stand

[3] http://lisantoss-portuguese-fr.blogspot.com/2016/07/les-verbes-ser-et-estar-en-portugais.html