sexta-feira, junho 22, 2018

Vive le Québec !


Il était une fois une rivière d’antan aux cheveux blancs, toujours en turbulence autour de ses roches – on l’appelait Rivière Blanche. Elle connaissait de belles et longues histoires, car elle serpentait à travers beaucoup de villages, avant de se déverser dans d’autres mots.
Marie, une fille venue de loin, aimait aller au bord de la rivière pour écouter les histoires du pays qu’elle racontait au vent. Ses paroles étaient poétiques, parfois tristes, parfois joyeuses… C’était comme de la musique pleine de sentiments:
On avait un roi, je me souviens, j’étais fier de moi. J’avais un monde à bâtir. Il était donc une fois. L’océan immense, déjà qu’il était connu. La traversée parfois dure. Toutefois, l’espérance ne mourait pas.

On avait un roi, j’avais la foi, je me souviens, j’étais fier de moi. Une mission à accomplir. C’était alors autrefois. J’ai vu l’intempérance et les intempéries, la récompense de la terre, la vie. Mon brin de gloire et les petites victoires.

On avait un roi, j’avais la foi, j’avais la joie, je me souviens, j’étais fier de moi. La vie à réjouir, on avait le droit. J’étais comblé, j’étais riche. Les champs plein la vue. Je pouvais travailler, défricher la terre que l’on avait reçue, cultiver, échanger, s’entraider. Tous ces mots pleins d’amour, à ma façon de parler.

On avait un roi, j’avais la foi, j’avais la joie…Un jour, le désarroi. Tout ce dont j’étais fier n’était plus serviable. C’était fini. Ma terre n’était plus fiable. « Ces quelques arpents de neige » n’étaient qu’un piège, on me l’a dit, mieux vaut le taire.

On avait un roi, il nous a laissé, était-il mort? J’avais la foi, elle s’est brisée, j’avais eu tort? Non, ce n’est pas de ma faute, mon âme sursaute, ma voix s’est affaiblie, mon esprit s’évanouit.

Long temps s’est écoulé depuis ce passé d’incertitude, je me sens fatigué de ma solitude. Mais je m’aperçois, j’ai encore mes droits. J’ai survécu, j’ai fait ma place. Ce n’est pas tout perdu sur « les arpents de glace ».

Je me souviens, j’ai encore la joie, je suis fier de moi !

Plein de mots de partage, je ne suis pas anonyme. J’ai été peut-être sage, je suis vivant. Voilà mon héritage. Maintenant, j’ai d’autres rimes et l’espoir qui m’anime.

Le vent tombe, le silence. Marie se demande si elle est seule. Puis, elle a l’impression que quelqu’un lui parle. Ce n’est plus la voix triste de la rivière qui dit :

Si tu as froid, viens avec moi. Je t’offre ma laine, sans désarroi, pure et saine. Je t’offre aussi mon poème, que je déclame moi-même, sans haine.

-                 C’est vrai, l’histoire que je raconte, ce n’est pas un conte. Ce sont des vers pour réciter, pour écouter, sans honte. Si les mots de mon cœur, s’ils font ton bonheur, si cela te soulage sans peine, voilà, la poésie n’est pas vaine !

sábado, junho 16, 2018

Hi, fathers, it is your turn!


(Father's Day in Canada is on the third Sunday of June)
Version en français
 
Yes, it's their turn – we are celebrating fatherhood. And it is not their wives, their mothers-in-law or their fathers-in-law who have the floor for this day, nor their mothers or their fathers. It's the voice of children we want to listen to! Well... everyone has a father, that's right. We are all in the same basket. Let's celebrate!
Some people did not have a good experience with their fathers, it's sad. But it is time to give good examples.
I am already a child of yesteryear, if we can say it. I was born in the middle of the last century... Ouch! It was in the time when the father was the "purveyor" and the mother stayed at home. But my dad was very present, my parents shared responsibilities with love, they respected each other. We never saw a quarrel between them; we were lucky too because they were very demanding with us. But it should always be like that for everyone, the opposite is not correct, in my opinion.
Western civilization has changed a lot. The number of women working outside the home has increased enormously, and I would say that there are almost no more "housewives", an expression that has become almost obsolete. With the exception of the maternity leave period, both father and mother are present at home – or absent – for a similar length of time. So, it's okay that they share housework and activities with children and it is happening more and more often.
We are still in a transition phase, though; behaviour in society does not change from one day to the next. We have to be patient, everyone will adapt to the new life demands, including dads. No need to harass them, especially not in front of children. This is a lack of respect. Children do not learn the best way when they are the pivot of quarrels. It is by the example that we learn. My brothers are extremely dedicated fathers and I believe the example of my parents played a big role in it, in addition to their own merit, of course.
It is also negative to want fathers to perform tasks in the same way as mothers. Each person has his/her own characteristics; acting differently does not mean that it is not correct, especially if the result is as good.
So, take it easy! We have to encourage them with beautiful compliments for their good performances. Nobody works well under pressure all the time. Overdose of feminism is counterproductive and will eventually drive away the men who could be allies of the cause. This applies to all scales, at home too.
Long live to dads! Happy Father's Day!

sexta-feira, junho 15, 2018

Coucou, les pères, c’est votre tour !


(Au Canada, on célèbre la fête des Pères le troisième dimanche de juin )
English version
 
Oui, c’est à leur tour – les papas – d’être la cible des hommages. Et ce n’est pas leurs conjointes, leurs belles-mères ou leurs beaux-pères qui ont la parole pour cette journée, pas non plus leurs mères ou leurs pères. C'est la voix des enfants que l'on veut écouter! Bien… tous ont un père, c’est vrai. C’est lui que l’on va fêter et, bien sûr, nous sommes tous dans le même panier. Allons enfants célébrer cette date !
Il y en a qui n’ont pas eu une bonne expérience avec leurs pères, c’est triste. Mais là c’est le moment de donner les bons exemples.
Moi, je suis une enfant d’antan déjà, si on peut le dire. Je suis venue au monde au milieu du siècle passé… Aïe! C’était dans le temps où le père avait le rôle de « pourvoyeur » et la mère restait à la maison. Mais mon papa était très présent, mes parents partageaient les responsabilités amoureusement, ils se respectaient mutuellement. Nous n’avons jamais témoigné une chicane entre eux; nous avons été chanceux aussi parce qu’ils ont été très exigeants avec nous. Mais cela devait être toujours de même pour tout le monde, le contraire n’est pas correct, à mon avis.
Le monde occidental a beaucoup changé. Le nombre de femmes qui travaillent en dehors du foyer a augmenté énormément, je dirais même qu’il n’y a presque plus des « femmes au foyer », une expression devenue pratiquement désuète. À l’exception de la période du congé de maternité, tous les deux, père et mère, sont présents à la maison – ou absents – pour une durée semblable. Alors, c’est juste qu’ils partagent les tâches domestiques et les activités avec les enfants et cela arrive de plus en plus souvent.
Cependant, nous sommes encore dans une phase de transition, les habitudes enracinées dans la société ne changent pas du jour au lendemain. Il faut être patient, tout le monde va s’adapter aux nouvelles exigences de la vie actuelle, les papas y compris. Inutile de les harceler, et surtout pas devant les enfants. Ceci est un manque de respect. Les enfants n’apprennent pas de la meilleure manière quand ils sont le pivot des chicanes. C’est par l’exemple que l’on a le bon apprentissage. Mes frères sont des pères extrêmement dévoués et je crois que l’exemple de mes parents y a joué un grand rôle, en plus de leur propre mérite, naturellement.
C’est aussi négatif de vouloir que les pères exécutent les tâches de la même façon que les mères. Chaque personne possède ses propres caractéristiques, agir autrement ne signifie pas que ce n’est pas correct, surtout si le résultat est aussi bon.
Laissons les papas tranquilles, encourageons les avec de beaux compliments pour leurs bonnes performances. Personne ne marche bien sous pression tout le temps. Le féminisme exagéré est contre-productif et va finir par éloigner les hommes qui pourraient être des alliés de la cause. Cela s’applique à toutes les échelles, au foyer aussi.
Vive les papas ! Bonne fête des Pères !

segunda-feira, junho 11, 2018

Canadá da cabeça aos pés



Para mim que venho de outras plagas, o padrão sazonal do Canadá é algo que impressiona muito e sempre dá o que falar, apesar de viver aqui já há tantos anos. Mas esse chover no molhado, ou melhor, nevar no gelado, não é exclusividade minha, o assunto é também recorrente entre os nativos, pois tudo depende das condições climáticas. Há outras coisas menos óbvias que isso, sobre as quais não se comenta quase nada, mas que são hábitos corriqueiros, muito interessantes, às vezes intrigantes.
Um costume muito prático e higiênico que existe aqui é o de retirar os sapatos, ao entrar em casa. Dessa maneira, as sujeiras que vêm da rua não tomam intimidade com a gente. E no inverno, então, o hábito é imprescindível para que a neve nas botas não provoque uma inundação, quando se derreter à calorosa acolhida. A maioria das moradas tem um cestinho com pantufas de tricô para oferecer aos visitantes. Eu mesma tenho algumas tricotadas por mim.
É sempre bom lembrar que minha experiência de Canadá vem das pequenas cidades do interior do país, na província do Québec, onde ainda não houve invasão massiva do multiculturalismo. Ainda sou peça rara nesses rincões, enquanto cidadã canadense originária de outro país. Meus contatos por aqui, na minha região, são todos quebequenses da gema, a começar pelo meu marido. Pode ser que nas cidades grandes, já repletas de imigrantes, os costumes estejam mudando, por influências externas. Eu não saberia dizer nada sobre isso.
Você já prestou atenção no gesto de cumprimentar dando beijinhos nas bochechas? Já reparou a que lado do rosto da outra pessoa você se dirige primeiro para beijar? Ninguém combina como fazer e a gente vai direitinho do lado certo, não é? Não, não é sempre assim quando estamos num outro país. Aí no Brasil, nós beijamos primeiramente a bochecha direita do outro, observe. Aqui no Québec, é o lado esquerdo do rosto o primeiro visado. Isso já me causou muitas hesitações, daquele mesmo tipo quando cruzamos com alguém no caminho e fazemos aquela dancinha involuntária, tentando não trombar um com o outro. O meu problema, agora, mudou de lado. É quando visito o Brasil que faço e levo as pessoas a fazerem a dança das cabeças. Quando começo a me habituar de novo com o gesto brasileiro, já está na hora de voltar para o Canadá e me confundir toda novamente.
Mas as diferenças não se resumem a beijinhos e pantufas, há incontáveis outras. Já que o Canadá costuma ser tão citado pelos brasileiros como bom exemplo e já que se tem falado muito da reforma trabalhista no Brasil, vamos ver como se descansa por aqui... Allez ! Au boulot ! Minha primeira experiência de trabalho no país veio com mais uma novidade: o cálculo das férias dos trabalhadores, bem diferente do que temos no Brasil. Acabei me acostumando, claro. No link ao final deste texto [1], encontram-se os detalhes para a província do Québec, se alguém se interessar (opção em inglês no alto, à direita). Há pequenas variações conforme a província, não muito significativas, a não ser para licença-maternidade, que não era o meu caso. Em resumo, o trabalhador tem direito a duas semanas de férias, após um ano de trabalho, com remuneração correspondente a 4% do salário anual (soma do que ganha durante um ano). Após 5 anos de trabalho e daí em diante, passa a ter direito a três semanas de férias, com remuneração de 6% do salário anual. Pronto, acabou. Se mudar de empresa, começa a contagem toda de novo.
E os feriados? São muito menos numerosos aqui e não tem aquela história de enforcar um dia e esticar até o fim de semana para fazer feriadão, não! Quando cai no meio da semana, há a opção (do empregador) de manter o feriado no seu dia mesmo ou transferi-lo para a sexta-feira ou para a segunda-feira seguinte – uma emendazinha, afinal ninguém é de ferro.
Muito interessante, vale mencionar, é que o pagamento das férias é chamado pela lei de “indemnité/indemnity” [2]. O termo usado é um remanescente de quando o trabalhador era pago por trabalhar em vez de tirar férias [4]. Ficou também um certo sentido de que parar de trabalhar é basicamente considerado como uma penalidade, com direito a indenização – na prática, obviamente, os trabalhadores se regozijam com as férias. Mas isso dá uma ideia de como é a noção do trabalho por aqui. E, realmente, a maioria das pessoas tem alguma tendência a ser workaholic.
Um exemplo dessa compulsividade está no fato de os estudantes trabalharem durante as férias do verão, mesmo os mais jovens. Lembram-se da filha do ex-presidente dos Estados Unidos, Obama, trabalhando numa lanchonete, notícia que fez manchete nos jornais brasileiros? Aqui no Canadá é assim também. Nos primeiros tempos, quando me mudei para cá, fomos almoçar em um restaurante e – surpresa! – uma sobrinha do meu marido estava trabalhando como garçonete. E ela era uma adolescente ainda, recentemente saída das fraldas... por assim dizer. Quando estão mais adiantados nos estudos, os estudantes preenchem vagas especiais previstas para eles nas empresas, permitindo maior flexibilidade para a marcação das férias dos empregados.
Como se pode ver, nem tudo é festa do lado de cá. E por falar em festa, para não sair à francesa [6], que é coisa de inglês, nem sair à inglesa [5], que é coisa de francês, vou ficando por aqui bem à brasileira, enviando beijinhos soprados nas mãos, dos dois lados, para vocês. Até a próxima vez.

Update 12/06/2018: acaba de ser aprovada a lei que permite 1 semana a mais de férias, após 3 anos de trabalho, ou seja, o trabalhador não precisará esperar 5 anos para tirar 3 semanas de férias.
Outras mudanças nas normas de trabalho também foram aprovadas.
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[1] La loi pour les vacances: